FEATURE: La présence des femmes en politique: où en est l’Europe?

Patricia Vasquez | VP Communications

Article sélectionné par l’Union Européenne pour le prix Jeune Journaliste 2012

Elles sont fortes, déterminées et surtout, audacieuses. Elles renforcent leur présence sur la scène politique et savent se distinguer de leurs adversaires. Pourtant, l’égalité entre les femmes et les hommes dans la prise de décision reste largement sous-représentée. Mais qu’en est- il de la présence politique des femmes en Europe?

Depuis la signature du traité de Rome, en 1957, et du traité d’Amsterdam, en 1997, l’égalité entre les hommes et les femmes constitue un droit fondamental et une des valeurs communes parmi les pays membres de

l’Union européenne (UE). En 2006, la Commission européenne avait décidé de rendre ce domaine une priorité d’action en présentant sa « Feuille de route pour l’égalité entre les femmes et les hommes ».

Aujourd’hui, des personnages tel que Christine Lagarde, à la direction du Fonds Monétaire International, et Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne et « la femme la plus puissante du monde» selon le magazine Forbes, sont parmi celles qui réussissent à se tailler une place dans une élite politique majoritairement masculine.

La présence des femmes, une question de parité

Selon un rapport publié par l’Unité Égalité et Diversité de l’UE, les femmes constituent environ 53% de la population en Europe, mais n’occupent que 35% des sièges au Parlement. Cependant, ce chiffre représente presque le double de la moyenne mondiale pour les femmes élues dans les Parlements nationaux, laquelle se situe à 19,3%.

Frédéric Mérand, directeur adjoint du Centre d’excellence sur l’Union européenne, croît que ce résultat est dû au fait que le Conseil de l’Europe recommande une participation d’au moins 40% de femmes dans les instances dirigeantes. « Une des raisons pour laquelle il y a beaucoup de femmes au Parlement européen c’est parce que le mode de scrutin est proportionnel », dit-il. « Si sur votre liste de candidats la

moitié sont des femmes, vous devriez voir des femmes élues dans chaque parti ».

Mérand croît aussi que le contexte culturel est un des facteurs qui peut influencer la participation des femmes en politique. «Dans un pays comme la Suède, où même si le premier ministre est un homme, on peut voir que la majorité des députés et ministres sont des femmes», dit Mérand. « On ne peut pas généraliser la situation parce que dans chaque pays il y a une culture différente. Il y a des pays très ouverts, mais il y aussi des pays plus conservateurs comme l’Italie ou la Grèce. »

Le Canada par rapport à l’Europe

Au Canada, il y a une situation semblable à celle de l’Europe puisque les femmes ne détiennent que 24% des sièges à la chambre des communes. Frédéric Mérand croit que le Canada pourrait prendre l’exemple des pays comme le Danemark pour mieux assurer une présence féminine sur la sphère politique. « Le Canada se situe en avance par rapport à la France ou l’Italie, mais nettement en désavantage par rapport aux Danois ou Suédois », affirme-t-il.

« Le problème est que nous n’avons pas des mesures contraignantes qui obligent les partis politiques à présenter un nombre suffisant de femmes. Nous pourrions être inspirés par ce qui se fait dans certains pays de l’Europe », dit Mérand.

Pour Marie Bernard-Meunier, ancienne ambassadrice du Canada en Allemagne, le domaine diplomatique n’a pas été tout à fait facile. Arrivée à Berlin en l’an 2000, elle a été la première, et à ce jour, la seule femme a avoir représenté le Canada dans un pays membre du G-7.

« Quand je suis arrivée à Berlin, je me suis retrouvée à être la première femme à présenter ses lettres de créance », dit Bernard- Meunier. « Ça veut dire que tous les pays de la planète avaient décidé d’envoyer des hommes en Allemagne et qu’il n’y avait pas d’autres femmes à occuper ces postes».

Même si elle croit que la situation s’est améliorée depuis, madame Bernard-Meunier n’est pas prête à crier victoire. « Il n’y a pas de normalité dans le fait d’avoir une femme à la tête d’un état et surtout pas d’un pays comme l’Allemagne », dit-elle. « Toutes les femmes qui ont réussi à s’imposer en politique étaient des conservatrices; je pense notamment à Margaret Thatcher. Les femmes sont tellement obligées de se battre pour pouvoir y arriver dans ces positions qu’il y a souvent une dureté associée à leur succès ».

De son côté, madame Bernard-Meunier est convaincue que le seul moyen de garantir l’égalité entre les hommes et femmes sur le plan politique, c’est en augmentant la quantité des femmes présentes au Parlement. « Je crois beaucoup à l’importance du nombre. Il faut qu’il y aille plus de femmes pour que le problème se règle et que les mentalités évoluent », explique-t-elle.

Tandis que certains restent méfiants, d’autres semblent plus optimistes face aux améliorations qui se sont produites dans les dernières années. C’est notamment le cas de Maria Peluso, professeure en science politique à l’Université Concordia et experte dans la question des femmes en politique. «Nous voyons présentement des femmes beaucoup plus fortes et avec une crédibilité qui est beaucoup plus accepté », dit-elle.

« Je crois que les collaborations qu’il y a eu entre les Nations Unies et le Parlement européen, ont contribué à l’engagement des femmes sur le plan politique et social », explique Peluso. «De toutes façons, l’Europe a une longue histoire avec les femmes au pouvoir; je pense notamment à Catherine de Médicis qui a régné en France, à Catherine la grande en Russie et bien sûr à la reine Victoria au Royaume-Uni. Les besoins des femmes ne restent pas ignorés, mais il est vrai que si le nombre est plus grand, elles pourront défendre leurs intérêts sans avoir à se battre », dit Peluso.

Le débat sur la représentation des femmes en politique n’est pas à sa fin. Bien que les objectifs en terme d’égalité ne soient pas encore atteints, des petits progrès commencent à se voir dans l’ensemble de l’Union européenne, mais aussi sur le plan global. Une chose est sure, des nouvelles mesures stratégiques doivent être mises en place afin d’encourager un équilibre sur la participation des hommes et des femmes sur le plan politique et notamment sur le plan démocratique.

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